Voici mon deuxième livre numérique. J'ai tenté ici d'analyser en profondeur les différents mécanismes psychologiques, cognitifs et sociologiques qui rentrent en jeu dans les processus d'intelligence collective et d'innovation au sein d'un groupe social. Ce travail et la longue réflexion que j'ai mené sur le sujet m'ont permis de construire mon propre paradigme sur ces deux concepts.
Voici mon premier livre numérique. C'est un livre de défense et de sensibilisation concernant des offensives informationnelles et communicationnelles ayant pour objectif de sensibiliser le lecteur à ces problématiques, en lui faisant découvrir ses nombreuses failles psychologiques et cognitives potentiellement exploitables dans le cadre d'une stratégie de déstabilisation.
J'ai décidé d'adopter une démarche de "profiling" en me mettant à la place d'un attaquant afin d'étudier comment il est possible d'élaborer une stratégie offensive qui soit la plus efficace possible et qui génère des effets durables sur une organisation ou un individu. Il est bien évident que la visée de cet ouvrage est purement pédagogique et que je ne ne cautionne en aucun cas l'utilisation des techniques décrites, purement condamnables d'un point de vue éthique et moral. Je pars du principe que connaître l'ensemble des techniques et méthodes utilisées par une personne mal intentionnée est le meilleur moyen pour se défendre contre cet individu.
Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et d'Industrie (ACFCI) Direction de l'Innovation, de l'Intelligence Economique et des Technologies de l'Information et de la Communication : http://tinyurl.com/657bmq5
Nous évoluons dans un monde surchargé d'information. Celle-ci est présente partout : dès le réveil nous sommes confrontés à des dizaines d'infos provenant de sources extrêmement variées que ce soit notre radio, notre télévision, notre téléphone portable, Internet etc. Ce trop plein d'information envahit en permanence notre esprit et devient si encombrant que nous sommes la plupart du temps incapables de prendre assez de recul pour traiter et analyser l'information qui nous semble véritablement pertinente et digne d'intérêt. L'infobésité est réellement le mal de notre société : Annie Hudon, une journaliste québécoise a d'ailleurs écrit au sujet de ce problème qu'au XVIIème siècle, une personne était exposée au cours de sa vie à moins d'information qu'on en retrouve dans une seule édition du New York Times!
Le développement sans cesse grandissant des Technologies de l'Information-Communication (TIC) contribue largement à construire une société dans laquelle les individus ne peuvent plus se poser calmement pour faire appel à leur esprit critique et analyser posément les informations qui leur permettront de développer une réflexion et une attitude d'être pondéré face à son environnement.
Dès lors, comment se prémunir contre cet envahissement et intrusion psychologique et lutter pour ne pas se laisser dominer par d'innombrables flux informationnels qui parasitent sans cesse notre esprit réflexif? Comment arrêter de n'être qu'un simple récepteur d'information et parvenir à adopter un comportement d'être analytique et réfléchi?
La première chose à faire est de sélectionner avec attention l'information que nous souhaitons recevoir. Pour cela, posons-nous d'abord la question de savoir quels sujets nous intéressent et dont nous souhaitons être informés. Une fois ce choix fait, focalisons notre attention au quotidien sur ces sujets précis et négligeons les autres, qui constituent alors pour notre esprit sélectif du "bruit informationnel".
Pascal Frion, spécialiste en Intelligence Economique nous donne une autre méthode, un peu plus extrême mais néanmoins très efficace. Il propose ainsi d'adopter une attitude qu'il nomme RMI (Refus Méthodique d'Information). Sa technique consiste à se débarrasser complètement de tout flux informationnel provenant des médias traditionnels (télévision, journaux, WEB,...) et à se concentrer sur des supports plus "figés" que constituent les livres et les magazines. De ce fait, notre esprit se libère complètement de l'emprise de ces différentes sources en perpétuel changement qui délivrent de l'information immédiate et non analysée et peut se focaliser sur de l'information déjà traitée et transformée en "connaissance", qui constitue le degré supérieur de l'information. Un livre peut donc constituer une source d'apprentissage nous permettant d'acquérir les clés nécessaires à la construction de notre propre esprit critique et à notre analyse réflexive du monde, et ainsi nous permettre de nous libérer de l'énorme pouvoir d'influence psycho-cognitif exercé par les médias sur notre esprit. Nous avons tendance à l'oublier mais un livre peut constituer une source de découverte et d'apprentissage beaucoup plus importante et enrichissante que les autres supports d'information pouvant pourtant sembler plus "attractifs".
Car il faut garder à l'esprit que l'information diffusée via les médias est par essence profondément subjective : rien que par les thèmes et sujets traités et abordés, on nous impose une ligne de pensée à adopter (Mac Comb illustre d'ailleurs ce principe à travers sa théorie de l'Agenda Setting). Notre esprit est sans cesse orienté par ces médias qui nous empêchent de déterminer et créer notre propre choix de réflexion et d'analyse en nous submergeant d'informations présélectionnées par des compagnies privées qui se partagent cet empire médiatique. Le WEB a cela d'appréciable que l'information doit être recherchée volontairement par les individus. Mais qui sait réellement chercher de l'information fiable et pertinente au travers de ces milliards de pages indexées? Le WEB peut donc être un moyen très efficace de lutter contre l'infobésité mais à condition de savoir bien chercher et de visiter des sites dont la crédibilité est à priori validée (il faut savoir qu'il existe des outils permettant d'examiner et de déterminer la fiabilité d'un site, pour n'en citer qu'un : Web Of Trust, extension de Mozilla Firefox à télécharger ici. Bien que n'étant pas infaillibles, ils n'en demeurent pas moins très utiles).
Sélectionner son information et déterminer ses propres sources et sujets d'analyses et de réflexion semble donc être la base de la lutte contre ce fléau. Modifier notre comportement quotidien et essayer d'être moins passif vis-à-vis de l'information que nous recevons est un comportement qui devrait être adopté par tous. Si chacun commence à développer réellement un esprit critique et analytique par rapport à son environnement, peut-être alors commencerons-nous à tendre vers une société un peu plus "éclairée" ou tout du moins moins soumise au diktat de l'industrialisation de l'information et de l'uniformisation des pensées.
Pour illustrer cet article, voici une vidéo satirique illustrant très bien ce problème de surcharge d'information. Les images parlent d'elles-mêmes!
La grandeur d'un homme est comme sa réputation : elle vit et respire sur les lèvres d'autrui.
Rivarol
La réputation est devenue un des enjeux majeurs de notre société actuelle. Avec l'avènement du WEB et des technologies de l'Information-Communication, les entreprises et les individus voient leur vie étalée à la vue de tous, sans limite de temps et d'espace.
Le WEB 2.0 avec les forums, les réseaux sociaux ou encore les blogs a exacerbé cette diffusion massive d'information relative à la réputation et à la vie des organismes ou des personnes. Cette visibilité positive ou négative a pris le nom d'"e-réputation" ou "identité numérique". Les individus n'hésitant aujourd'hui plus à exposer leur vie privée aux yeux de tous, on assiste à un effacement de la frontière entre la sphère publique et privée. Avec le WEB, tout devient public et facilement accessible pour qui sait chercher et interroger les outils numériques.
Ce phénomène d'information accessible à tous et diffusable instantanément génère un nouveau problème majeur pour les entreprises et les individus. Avant, contrôler sa réputation était beaucoup moins difficile étant donné que les seules sources d'influence étaient orales, télévisées ou écrites (bouche-à-oreille, presse écrite, radio, télévision).
Contrôler sa réputation nécessitait donc juste un travail de surveillance et de prévention vis-à-vis de ces médias, ou bien de contre-attaque en utilisant par exemple des droits de réponse pour recadrer ou rectifier publiquement la source émettrice. Une fois la vague passée, l'histoire et l'information ayant causé sa formation disparaissait et tombait dans l'oubli collectif.
Avec le WEB et notamment le WEB "social", le problème est tout autre. En quelques minutes, n'importe qui peut déclencher une gigantesque vague de rumeurs et d'informations nuisibles visant la réputation d'une entreprise ou d'un individu.
Pour peu qu'elles soient publiées dans des sources clés (blogs influents, sites populaires etc), ces informations deviennent une arme redoutable car potentiellement reprises par des millions d'Internautes qui à leur tour vont pouvoir la diffuser dans leur propre espace numérique de connaissance.
Et le plus incroyable est que cette activité peut être effectuée de manière totalement légale!
En effet, on trouve sur le WEB des milliards de page librement accessibles via un moteur de recherche tel que Google et une simple requête. Ces pages contiennent des informations que l'on appelle "ouvertes" ou "blanches" dans le vocabulaire de l'Intelligence Economique, c'est-à-dire qu'elle peuvent être accessibles par tous légalement. Cette information blanche peut être largement suffisante pour nuire et faire tomber une entreprise ou une personnalité, surtout publique. Par exemple, les bilans financiers désastreux d'une compagnie peuvent être utilisés par les concurrents pour afficher aux yeux de tous et surtout aux actionnaires son état de faiblesse et sa vulnérabilité.
On assiste donc à un changement de donne en ce qui concerne le rapport du "faible au fort". Désormais, une petite entreprise ne possédant pas beaucoup de moyens peut parfaitement détruire une grosse compagnie pour peu qu'elle l'attaque de manière réfléchie, habile et coordonnée. Il en va exactement de même à l'échelle d'un Etat et au niveau polémique (de la guerre). Un petit Etat subissant une agression par une puissance bien plus importante que lui peut très bien utiliser le WEB pour diffuser des images et des informations qui démontrent la cruauté de son adversaire. Il peut ainsi s'imposer en victime et gagner l'opinion publique adverse, ce qui lui confère un pouvoir bien supérieur que celui que possède son attaquant, seulement constitué par sa force physique ou financière. Avec le WEB donc plus besoin d'argent, de ressources humaines ou matérielles importantes pour déstabiliser un concurrent ou un adversaire. Même les plus grands peuvent se retrouver démunis face à une attaque e-réputationnelle. L'exemple le plus parlant est l'entreprise Coca-Cola qui s'est retrouvée il y a quelques années victimes d'une attaque de ce genre : une information diffusée sur le WEB affirmait qu'un individu était mort après avoir absorbé un mélange de Coca et de Mentos. Les causes de sa mort était que le mélange de ces deux produits avait formé une substance chimique extrêmement toxique. Bien sûr, les ventes de ces deux produits ont chuté pendant les semaines qui ont suivies. Il aura fallu que la société propriétaire de la marque Mentos réagisse en utilisant elle aussi le support WEB.
Ceci nous montre bien le pouvoir de l'information sur notre monde. A elle seule, une rumeur même totalement infondée peut générer la peur, l'angoisse ou la colère sur une masse d'individus selon l'objectif de la source qui l'a créée. Avec les moyens techniques impressionnants que le WEB propose aujourd'hui, on peut très facilement fabriquer un message qui soit parfaitement adapté pour l'influence et la propagande des "foules" (pour reprendre une expression de Gustave Lebon). Avec une vidéo publiée en ligne, on peut largement toucher l'affect des individus en associant images, sons et textes. Cette "bombe médiatique" pourra ensuite être lâchée sur l'ensemble des sources populaires du net (Youtube, Dailymotion,...), provoquant un "buzz" immédiat et un écho retentissant.
Un autre point important qui fait du WEB le support le plus dangereux est que celui-ci a pour particularité d'archiver toutes les données qui sont publiées et ce de manière définitive. Une information négative pourra donc être toujours consultée et retrouvée sur le WEB, même si elle a été mise en ligne des années auparavant.
Ce n'est donc pas étonnant de voir l'explosion d'agences d'un nouveau genre spécialisées dans le gestion de l'e-réputation. Ces entreprises proposent à leurs clients de prendre en charge leur réputation numérique en supprimant ou "noyant" les pages WEB pouvant porter préjudice aux personnes mises en cause.
La guerre, à la fois économique et territoriale, a donc pris un nouveau visage : désormais, les conflits et les attaques se déroulent aussi sur le WEB, et le vainqueur est celui qui réussit à éliminer son adversaire par une utilisation et une manipulation habile de l'information. Gérer son e-réputation devient donc l'affaire et le problème de tous. Celui qui refuse d'effectuer ce travail de surveillance et de contrôle permanent s'expose à de lourdes conséquences. Comme le dit Kant, "la guerre est l'état naturel de l'homme". Le WEB n'est qu'un nouveau champ de bataille, plus imprévisible et surtout beaucoup plus difficilement maîtrisable. Il convient donc à tous de s'engager pleinement dans le suivi numérique de toutes les informations que nous semons sans même nous en rendre compte et qui peuvent être regroupées par des personnes mal intentionnées pour constituer un "profil". Car mélangées à de fausses informations ou à des données volontairement nuisibles, elles peuvent constituer une menace concrète et incroyablement destructrice.
"Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que ayez le droit de le dire." Voltaire
Voici un article que j'ai rédigé pour un de mes travaux universitaires dans le domaine de l'Intelligence Economique. Internet faisant partie intégrante de notre société moderne, j'ai trouvé intéressant de montrer comment cet outil, qui a véritablement révolutionné notre mode de vie peut aussi se transformer en véritable système de contrôle social et de fabrication de la pensée si des dérives autoritaires s'immiscent dans cet océan numérique d'information. Il a été rédigé en janvier 2010...un mois avant le coup médiatique propulsant Wikileaks sur le devant de la scène!
Internet constitue l'une des plus puissantes et influentes inventions de ces vingt dernières années. Grâce à ce gigantesque réseau le monde ne connaît plus de frontières : on peut instantanément entrer en contact avec l'autre bout de la planète et s'informer en temps réel sur n'importe quel sujet et de n'importe quel endroit du globe.
Mais ce système possède ses travers. Tout ce que l'on y fait est susceptible d'être surveillé et intercepté sans la moindre difficulté. Contrairement à ce que l'on peut penser, Internet est le moyen de communication le moins sécurisé qui existe. Tout vos moindres déplacements et visites sont enregistrées et laissent des traces (appelées cookies). Ces traces peuvent être réutilisées pour construire un profil propre à chaque personne en fonction de ses habitudes de navigation. Effrayant quand on sait que nous dématérialisons la plupart des données importantes (documents administratifs, bancaires,...). Ce détail n'a pas échappé à de nombreux organismes, qui voient en lui un formidable moyen de s'informer et se renseigner librement et très rapidement sur les pratiques des individus via ce réseau.
Le Big Brother chinois
La Chine a très tôt compris l'intérêt énorme que pouvait constituer cet outil et a décidé depuis les années 2000 d'investir massivement dans la recherche, la collecte, l'analyse et le traitement de ces innombrables flux numériques qui constituent le toile. Quand on sait que ce pays concentre près de 338 millions d'internautes chaque jour (chiffre donné par le China Internet Network Information Center dans son 24ème rapport sur l’usage du Web par la population chinoise), on comprend que le gouvernement considère autant ce nouvel outil et décide de l'exploiter pleinement en débloquant des fonds énormes spécialement crédités pour ce travail.
Ainsi est né le gigantesque projet baptisé « Bouclier d'or » ou «Jin Dun». Ce programme constitue une gigantesque base de données qui permet de répertorier les sites les plus couramment utilisés par les citoyens pour diffuser des avis, des opinions ou des documents informatifs et de construire un immense répertoire de données sur le comportement de chaque internaute. Cette base est administrée par les services de sécurité du pays (le Gonganbu) qui peuvent surveiller et bloquer n’importe quel site comme l'explique Roger Faligot, journaliste-écrivain. Les dirigeants ont donc très bien perçu qu'Internet est l'outil idéal de surveillance et de gestion des flux informationnels et sociétaux. En effet, qui parvient à maîtriser ces flux au sein d'une société parvient à contrôler celle-ci, l'information étant le cœur de tout système. Une étudiante chinoise témoigne : « Quand j'ai appris par des amis européens que le premier ministre chinois avait été victime comme Bush d'un lancer de chaussure durant une conférence en Angleterre, j'ai voulu aller vérifier via la vidéo sur le net. J'ai seulement trouvé la vidéo avec un coupage grossier et le ministre avec un air étonné sans raison apparente ».
Grâce à ce plan, le gouvernement adopte une stratégie qui depuis s'est généralisée dans d'autres pays : inutile de subtiliser physiquement des informations puisque l'on peut faire la même chose à bas coût et à moindre risque grâce aux cyberattaques (attaques informatiques sur des systèmes, sites ou services en ligne), et ce sans danger puisque les espions ne se dévoilent pas au grand jour. Tous les internautes chinois se voient donc constamment surveillés et interdits de visiter des sites considérés comme « dangereux ». Quelle meilleure manière de conditionner un individu que de contrôler les moyens dont il dispose pour s'informer librement, l'empêchant ainsi de se forger une opinion? Comment développer un esprit critique lorsque la seule information que nous pouvons recevoir et analyser est celle sélectionnée par une autorité supérieure?
Depuis sa mise en place, ce plan a coûté près de 630 milliards d’euros et nécessité près de 30 000 policiers
La section renseignement économique du ministère de la sécurité chinoise a également reçu pour mission d'empêcher les étrangers de se procurer l'information financière qui n'a pas été triée par les autorités. Ce tri est effectué par le Gonganbu, le Ministère du Commerce Extérieur et de la Coopération Economique et le département de propagande du Comité central du parti communiste chinois (source : Intelligenceonline.fr). Grâce à ces dispositions, la Chine est actuellement considérée comme l'un des pays les plus puissants et efficaces en terme de renseignement économique.
La technologie au service de la liberté d'expression
De nombreux dissidents ont décidé de ne pas se soumettre et ont crée des outils pour lutter contre cette censure. Des experts en informatique ont ainsi développé une plate-forme en ligne (Wikileaks) basée sur la technologie du WIKI. Le but de celle-ci est que n'importe qui peut administrer et gérer les différentes pages du site appelé « collaboratif », sans avoir besoin de s'inscrire et en conservant un anonymat total.
Elle permet donc de mettre à la disposition de tous des documents sensibles liés aux autorités chinoises. Les créateurs prônent une transparence totale de l'information au niveau des gouvernements. Il a rencontré un très grand succès et s'est depuis généralisé au monde entier. Il a connu de très nombreuses attaques mais les créateurs, experts en sécurité numérique ont réussi à rendre le système extrêmement résistant aux cyberattaques.
Wikileaks est déjà traduit en 12 langues et répertorie presque 2 millions de documents
Picidae est aussi un nouveau moyen de contourner la censure sur Internet. Il fonctionne comme un proxy (serveur externe qui crée le lien entre l'ordinateur et le site demandé), mais possède une particularité propre : il va créer une «image» (site clône au format photo mais possédant l'ensemble des liens actifs) du site. Ainsi, les pages étant celles générées par le serveur et non par le site réel bloqué pourront s'afficher et la navigation s'effectuer normalement. Ce système a été créé afin de permettre aux internautes chinois de s'informer sans contrainte et rencontre un très vif succès car permettant de «surpasser la barrière» (expression très populaire en Chine).
Ces deux systèmes reposent sur des logiciels libres. Un logiciel libre est un programme informatique dont les créateurs ont décidé de divulguer sa composition, appelée code source. Contrairement aux «propriétaires», ils peuvent être entièrement étudiés, modifiés et distribués en toute légalité. L'intérêt est que tout le monde peut avoir accès à sa «recette». Ce programme est donc extrêmement stable et sûr, n'importe quelle personne connaissant la programmation pouvant l'améliorer.
Le logiciel libre est apparu avec Richard Stallman, génie de l'informatique qui refuse les énormes contraintes imposées par les entreprises de logiciels propriétaires Il a développé un système d'exploitation pour ordinateur entièrement libre, GNU et est pionnier dans le développement de programmes distribués sous une nouvelle licence juridique « Copyleft » (contraire de Copyright ou droit d'auteur).
Suite à ses inventions est né le plus célèbre et performant système informatique libre, Linux. Linux est un système d'exploitation entièrement libre et modifiable qui concurrence Windows et Mac avec ses nombreuses versions régulièrement mises à jour par une énorme communauté internationale.
L'intérêt de Linux est que de par son caractère libre et ouvert, il est absolument incompatible avec tout logiciel dit « espion » pouvant surveiller le contenu de l'ordinateur et la navigation. En effet, un tel programme actuellement réfléchi par les autorités chinoises pour durcir le plan Bouclier d'Or ne peut pas être compatible pour toutes les versions de Linux, celles-ci étant beaucoup trop nombreuses et différentes. Il est de fait inutilisable par ces utilisateurs, et ceux-ci peuvent continuer à utiliser leur ordinateur sans surveillance. Les chinois ne s'y sont d'ailleurs pas trompés : d'après une enquête menée par le site Silicon.fr (traitant de l'actualité économique et technologique), Le marché commercial de Linux en Chine a connu une augmentation de 22,6 % en 2007 et est en constante augmentation.
Le bouclier d'or présente un problème éthique : celui de la surveillance généralisée des comportements qui entraîne une violation du respect fondamental de la vie privée. Mais ce programme pose aussi un problème sécuritaire : si un tel système était piraté, d'innombrables données confidentielles et personnelles pourraient se retrouver diffusées et exploitées par des personnes mal intentionnées. Si cette stratégie venait à se généraliser dans le monde, Internet ne deviendrait plus qu'un simple outil de surveillance et de censure, ce qui remettrait en cause sa nature même fondée sur l'idée de partage et de libre diffusion des savoirs et de la connaissance.
Vous voulez des conseils pour profiter pleinement de ce magnifique espace de liberté d'expression et d'apprentissage? Visitez donc ma plate-forme de sélection des meilleurs sites concernant l'anonymat et la sécurité sur Internet!
Etude de la stratégie d'opinion de Kofi Annan au travers d'une vidéo pour le sommet de Copenhague de décembre 2009
Voici un devoir que j'ai effectué dans le cadre de mes études, à propos de la stratégie d'influence.
Présentation générale
Cette vidéo a été créée dans le cadre de la conférence de Copenhague qui s'est déroulée du 7 au 18 décembre 2009 et qui a rassemblé les principaux dirigeants internationaux ainsi que des associations pour agir contre le réchauffement climatique. Elle est plus précisément centrée sur l'association de Kofi Annan, qui fut le septième secrétaire général des Nations Unies, Prix Nobel de la paix en 2001, actuel président de l'Association Time for Climate Justice ainsi que du Global Humanitarian Forum (organisation humanitaire à but non lucratif placée sous l'autorité du gouvernement suisse). Il a été une des personnalités phare de ce sommet. Le document cible très clairement l'ensemble des citoyens du monde occidental et des pays « riches ».
Etude des principaux thèmes
Commençons par étudier les thèmes visuels. La vidéo commence par une image blanche avec l'apparition d'un très court message : Tck Tck Tck (onomatopée d'une l'horloge). Le but est ici de rendre le message accessible à tous et joue le rôle de stimulus court, facile à retenir et donc efficace. Cette onomatopée indique également l'urgence du temps qui passe mais aussi le danger de ne rien faire car cela peut symboliser le bruit d'une bombe sur le point d'exploser. Cette page se répète de nombreuses fois durant la vidéo afin d'accentuer le côté urgent et le sentiment d'angoisse. On peut voir ensuite de nombreuses images impressionnantes et brutales de catastrophes naturelles et de ravages (cataclysmes, enfants en pleurs, populations sinistrées...) filmés en plan d'ensemble et en gros-plan. L'effet produit par l'utilisation de plans d'ensembles nous montre des individus écrasés par leur environnement et vulnérables, en position de faiblesse. Ceci est une technique cinématographique très utilisée pou transmettre cette sensation d'impuissance auprès du spectateur. Le gros plan, quand à lui, va servir à toucher directement le public, en lui donnant l'impression de vivre la scène et de regarder en face les victimes en pleurs. Cette technique sert à toucher directement l'individu, en supprimant les barrières créées par l'environnement autour des personnes.
Une personne apparaît ensuite : c'est Desmond Mpilo Tutu, archevêque sud-africain qui a reçu le prix Nobel de la paix en 1984, membre du Haut Conseil pour l'Alliance des Civilisations et qui a représenté l'ordre religieux et l'Afrique lors de cette Conférence. L'apparition de cette personne joue un rôle de témoignage. Les témoignages sont des citations utilisées pour soutenir ou rejeter une action, une politique, un programme ou une personnalité, et exploitant également le rôle et la réputation de l'individu. Ceci a pour but de donner un caractère « respectable » à la vidéo et au message véhiculé. Ici, la popularité de ce personnage et les valeurs positives qu'il véhicule auprès de l'opinion sert d'appui fort au message qu'il transmet. De plus, le fait que cette personne provienne d'un pays du Sud (l'Afrique) augmente encore plus l'efficacité communicationnelle de la vidéo : elle rajoute de la cohérence vis-à-vis du message véhiculé. La vidéo nous montre ensuite des images d'archives du sommet de Kyoto de 1997, des images en noir et blanc mais montrant des événement récents (rassemblement des principaux dirigeants internationaux et des personnalités importantes telles que Fidel Castro, Al Gore ou encore Nicolas Sarkozy). La présence de ces personnalités internationales va servir à intéresser et toucher le plus grand nombre de personnes. Elles vont servir de référence cognitive pour les différents individus qui regardent cette vidéo. Ces images sont accompagnées de messages forts : « En 1997, les nations riches ont obtenu le contrôle du climat; Les nations pauvres ont obtenu le changement climatique; Il est l'heure d'une justice climatique; Notre dernière chance?». C'est donc un message accusateur vis-à-vis des pays riches, et une demande de réparation pour aider les pays sous-développés qui subissent l'irresponsabilité des nations modernes. Ces quatres phrases sont entrecoupées d'images illustrant l'utilisation abusive de ressources polluantes (électricité, carburant). Elles sont précédées d'images de personnes dans des conditions misérables : femmes, enfants et hommes dans le désarroi et l'impuissance avec à la fois des plans d'ensemble mais aussi des gros plans sur les visages tristes de ces personnes tout comme les images du début et de situations catastrophiques (écoulements de terre, ouragans, déforestations abusives etc). Ces gros plans créent comme nous l'avons dit un sentiment de proximité et de partage de la souffrance (pas de barrière entre la victime et le spectateur). On note également de nombreux plans mettant en scène des enfants. L'utilisation d'enfants dans une vidéo de propagande est extrêmement judicieuse, car ceux-ci ont pour particularité de toucher beaucoup plus la sensibilité du récepteur de par les symboles qu'ils représentent : la fragilité, l'innocence et l'avenir. Kofi Annan apparaît enfin. L'acteur principal de la vidéo nous est dévoilé et la présence de son image joue le même rôle que Desmond Tutu : témoignage et symbole fort. Son image va ainsi accroître très fortement la crédibilité de la vidéo et du message. Une page fixe s'affiche pour conclure pendant quelques secondes et représente les symboles et logos des deux associations de Kofi Annan, le Global Humanitary Forum Geneva et les trois Tck Tck Tck de Time for Climate Justice. Un message nous explique la requête des créateurs de la vidéo : il faut se joindre à la lutte contre le réchauffement climatique. Puis ce message disparaît et laisse place à l'ultime requête : visitez timeforclimetejustice.org. Cette expression « Time for Climate Justice » qui est récurente joue le rôle de slogans , c'est-à-dire qu'il constitue une courte expression, facile à mémoriser et donc à reconnaître qui permet de laisser une trace dans les esprits. Un slogan comme celui-ci est absolument indispensable dans toute vidéo de propagande car, comme le dit Tchackotine, « le conditionnement des masses se réalise par l’association de slogans et de symboles aux pulsions primaires de l’individu : combative, alimentaire, sexuelle, parentale... »
Maintenant, faisons une étude chromatique du document avec la symbolisation et la connotation des couleurs prédominantes dans la vidéo : le noir, le blanc, le gris et l'orange. Selon Michel Pastoureau (historien et anthropologue qui a étudié l'histoire des couleurs), le noir dans nos sociétés modernes et occidentales symbolise le deuil, la tristesse, le désespoir, la peur et la mort. Le blanc, lui, connote l'unité, l'équilibre parfait et l'espoir. Le message nous propose donc un mélange complexe de sentiments positifs et négatifs, pour démontrer que malgré la situation dangereuse dans laquelle nous nous trouvons, nous pouvons encore espérer changer. Le gris qui est présent dans les images d'archives et d'autres plans symbolise la tristesse, la solitude, la monotonie et la mélancolie, ce qui agit encore plus sur l'affectif du récepteur. Enfin, l'orange connote la sécurité et l'optimisme. Elle vient donc renforcer le sentiment déjà généré par l'utilisation du blanc, à savoir que rien n'est perdu, tout peut encore changer. On a donc une utilisation très réfléchie des couleurs utilisées pour cette vidéo, qui n'ont absolument pas été choisies au hasard par les experts en communication qui en sont à l'origine.
Etudions maintenant le caractère sonore de la vidéo. Au tout début, on entend la répétition du bruit Tck Tck Tck d'une horloge ou d'une bombe à retardement qui vient appuyer le message visuel onomatopéique. Ce son dérangeant crée un sentiment de gêne, d'urgence et de stress (sensation qu'il faut se dépêcher, que le temps est compté).
Puis, on entend une voix Off qui nous dit que nous, pays occidentaux, avons crée un véritable désordre climatique. C'est un message d'accusation et de culpabilité vis-à-vis des pays riches (les pays riches sont la cause du dérèglement climatique et sont coupables des catastrophes naturelles et humaines qui surviennent dans les pays pauvres). L'effet produit est que le récepteur se sent gêné et mal à l'aise vis-à-vis de cette accusation qui est d'ailleurs parfaitement justifiée bien qu'un peu réductrice. Le message d'alerte est appuyé par le bruit répété de l'horloge (omniprésent dans la vidéo). On entend ensuite un enfant qui chante une chanson issue d'un groupe internationalement connu. Le but est ici de cibler un public le plus large possible avec une référence extrêmement populaire au niveau international. La chanson est extrêmement chargée en significations et porteuse de nombreuses connotations, et n'est donc absolument pas choisie au hasard. Le titre de la chanson est « Fix You » du groupe Coldplay. Fix you signifie « te réparer ». Ainsi, le titre évoque le fait de réparer, de soigner la planète qui est gravement malade tant qu'il est encore temps. De plus, les paroles sont en parfait accord avec le thème abordé (« Quand on perd quelque chose, on ne peut pas le remplacer », « J'essaierai de te réparer »). Cette chanson produit donc un effet très important car elle véhicule un sentiment de calme, mais aussi d'émotion car le ton de la chanson est triste. Puis vient le refrain et le vrai groupe chante : cela fait monter la charge émotionnelle pour le spectateur. Cette liaison de chant symbolise l'union des personnes et des génération pour cette cause (même les artistes soutiennent ce combat). Cela a donc pour effet d'augmenter encore plus l'impact sur la sensibilité des personnes. Pour finir, nous avons de nouveau une voix Off pendant quelques secondes, puis Kofi Annan apparaît et parle directement au spectateur en lui demandant de se joindre sans plus tarder à l'Alliance Globale pour la justice climatique. C'est donc un ordre affiché que monsieur Annan nous donne. Son message est justifié par toutes les images et données que nous avons reçu depuis le début de la vidéo. L'ignorer serait remettre en cause tous les messages propagés dans ce document et conforterait l'idée que nous sommes égoïstes et irresponsables. On ne nous donne donc pas vraiment de choix.
Cette vidéo ne comporte pas vraiment d'argumentaire « réfléchi » : on observe une dominance d'information visuelle et de phrases non appuyées par des chiffres ou des informations objectives (données, statistiques) qui pourraient nourrir la réflexion du récepteur et l'amener à se questionner sur le sujet. Ici, on ne fait que lui fournir une information déjà traitée qu'il est obligé d'accepter comme tel. On a devant nous une très bonne technique d'agitation : la vidéo tente de persuader en « agitant » les esprits à l'aide d'une rhétorique émotionnelle et affective.
Etude des techniques et figures psychologiques exploitées
Nous allons maintenant étudier et analyser les techniques et les figures psychologiques utilisées et exploitées dans cette vidéo. Nous allons voir que celle-ci en est d'ailleurs très chargée. Tout d'abord, le document est composé de mythes fédérateurs. Ces mythes sont ici la solidarité, la générosité et l'entraide. Il joue sur les valeurs psychologiques que l'on nous inculque depuis le plus jeune âge. Le stéréotype (“réservoir de représentations collectives” transcendant l'individu qui en est dépositaire selon Jung) employé ici est le fait que les pays riches pillent les ressources de la planète et dérèglent le climat global.
Cette vidéo présente aussi une évidente « simplification exagérée » (généralité qui est employée pour fournir des réponses simples à des problèmes sociaux, économiques ou politiques complexes). En effet, le message transmis qui est de lutter contre le dérèglement climatique en devenant simplement membre de l'Alliance Globale semble un peu réducteur au vu de l'extrême complexité du problème du réchauffement de la planète qui est lié à de nombreux facteurs, dont beaucoup ne sont pas abordés ici.
D'un point de vue freudien, Desmond Tutu et Kofi Annnan jouent le rôle de satisfaction pour ce que le psychologue appelle le Ca, qui est la partie impulsive et non-contrôlée de l'individu (il ya génération d'un sentiment de curiosité de la part de l'individu en entendant la voix Off au début; il se demande qui est cette personne et le découvre quelques instants après; idem pour la fin). Son inconscient est donc satisfait et sa partie reptilienne (qui contrôle ses pulsions immédiates selon Laborit) sollicitée et contentée. Cet effet est donc idéal pour une vidéo de propagande qui veut faire produire un changement de comportement de la part du récepteur. La chanson Fix You produit un sentiment de calme, mais aussi d'émotion car celle-ci est triste. L'enfant qui chante associé aux images choquantes et brutales (cataclysmes, enfants en pleurs,...) touche le récepteur dans son affectif et sa sensibilité (l'état enfant selon Eric Berne). Le registre émotionnel est donc extrêmement utilisé. La peur, l'angoisse, la honte, l'espoir, le besoin de justice, la confiance sont ici des sentiments qui sont très bien exploités par les créateurs de la vidéo. D'ailleurs, une technique majeure utilisée dans ce document audiovisuel est la technique de l'angoisse. Cette technique souligne qu'un individu qui a peur ou qui se sent en danger (ici, celui-ci provient du dérèglement climatique et du danger imminent) est un individu en état de tension et est donc très facilement manipulable face à l'urgence d'échapper à une situation d'anxiété prononcée. Le sujet terrorisé fait tout pour échapper à sa peur et donc fait ce qu'on souhaite de lui. Seule les parties reptiliennes et lymbiques de son cerveau (sièges de l'instinct, de l'émotion et de la peur toujours selon Laborit) sont ici sollicitées.
Nous voyons donc que cette vidéo est basée sur une extrême importance du visuel : cela est logique car plus parlant et beaucoup plus efficace pour sensibiliser les gens, produisant un sentiment de proximité avec l'évènement et sollicite le cerveau lymbique et l'état enfant (Berne); on fait appel au pathos, à l'affectif, à l'émotion et à l'acte spontané et non pas au cognitif et au cortex cérébral (réflexion, analyse). En psychologie sociale, on parlera ici de traitement périphérique de l'information : on privilégie la forme (visuel, images choquantes) au fond (réflexion, qualité des éléments informatifs). Idéal là aussi pour construire une vidéo qui veut influencer le récepteur.
La vidéo utilise donc des procédés cognitifs extrêmement puissants, qui sont ceux de la manipulation par l'angoisse et la violence et par l'instauration de la peur et de la culpabilité. Nous notons aussi un très bon conditionnement évaluatif, technique de manipulation très efficace et répandue dans nos sociétés modernes qui consiste à transférer par le biais de l'inconscient un sentiment positif d'un élément vers un autre par simple juxtaposition de ceux-ci. Ici, Desmond Tutu et Kofi Annan, deux personnalités très populaires et respectées, appuient directement l'attractivité du discours prononcé par leur présence et le message qu'ils transmettent.
Les réalisateurs ont aussi utilisé la technique du triangle de Heider : la vidéo va faire comprendre que si l'individu ne se joint pas à la cause soutenue mondialement, il va effectuer une action contraire aux recommandations de Kofi Annan, Desmond Tutu et de la majorité des autres citoyens occidentaux. L'individu désobéissant va donc ressentir un état de malaise (déséquilibre heiderien) et va tout faire pour réinstaurer cette harmonie psychologique et sa relation positive avec les autres individus : rééquilibre entre le Moi (récepteur), l'Autrui et l'Objet (symbolisé par la lutte). Elle peut aussi servir de pression conformiste du groupe sur l’individu (technique mise en évidence par Asch en 1951) afin de le faire adopter par lui-même ce comportement pour ne pas se sentir rejeté.
Ces deux personnalités vont aussi permettre d'utiliser ce que l'on appelle la théorie de la culpabilité (technique mise en évidence par O'Kiffe et Figge en 1997). Cette théorie affirme que lorsque l'individu se voit accusé légitimement ou se sent coupable d'un acte quelconque, il va tout faire pour supprimer ce sentiment de malaise alors généré et va donc se soumettre à la requête effectuée par l'émetteur (ici, le message de la vidéo et la requête de Kofi Annan). Les messages des personnalités de la vidéo vont donc faire culpabiliser pour faire changer le comportement des gens. On observe également que les images sont présentées de manière très rapides (pas de transition lente entre elles, que des coupures nettes). De ce fait, on ne laisse pas le temps au spectateur d'observer, d'analyser et d'utiliser son cortex cérébral (lieu de l'analyse et de la réflexion); seul le cerveau reptilien est ici sollicité.
On note également l'utilisation de la technique de l'engagement, « Pied dans la porte» ou « doigt dans l'engrenage » (mise en évidence par Freedman et Fraser en 1966 ). Ainsi, on va demander à une personne d'effectuer un acte peu coûteux (ici, visiter le site WEB de l'Association) pour ensuite conditionner son comportement et l'amener à poursuivre son engagement dans cette cause au travers d'actes de plus en plus importants.
Nous pouvons donc voir que cette vidéo dont le but est de convaincre les individus d'adhérer à la cause Time forclimate justice pour la lutte contre le réchauffement climatique est extrêmement bien construite et est chargée de très nombreuses techniques et figures psychologiques, symboliques et sémantiques. C'est donc une vidéo qui remplit pleinement son rôle de « stratégie d'opinion ».
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